Hervé Morin ne comprend pas pourquoi notre pays refuse que des entreprises européennes achètent des sociétés françaises. Le président du groupe UDF à l’Assemblée y voit une régression de l’idée européenne. Sur le front de l’emploi, Hervé Morin reste opposé au CPE, il considère qu’il est plus important d’assurer une stabilité et une sécurité juridiques aux acteurs économiques que de créer un contrat spécifique pour les jeunes.
Hervé Morin a déclaré que la réaction française à l’OPA de l’italien Enel sur Suez, était pour le moins curieuse et surprenante. Le président du groupe UDF de l’Assemblée nationale a rappelé que la France était en 2004, le premier pays européen à prendre des participations dans des entreprises étrangères mais à l’inverse, notre pays semble croire que l’achat d’entreprises françaises par des entreprises européennes, représente un risque pour notre économie. Considérer les Allemands ou les Italiens comme des étrangers comme si nous ne partagions pas les mêmes valeurs, représente à ses yeux, une régression de l’idée européenne. Hervé Morin a récusé l’argument selon lequel, l’énergie est un secteur stratégique qui doit être protégé alors que la France n’a pas eu les mêmes états d’âme pour fusionner les industries de défense qui équipent l’armée française et créer le groupe européen EADS.
Concernant les mauvais chiffres du chômage du mois de janvier, Hervé Morin a expliqué qu’il n’avait jamais cru que la situation de l’emploi s’était améliorée en France. Il a comparé les 60 000 emplois créés dans le secteur marchand en 2005 au 1 million de postes créés au même moment en Espagne. Le président du groupe UDF de l’Assemblée a attribué la baisse du chômage des derniers mois à l’accélération des radiations à l’ANPE et la montée en puissance des emplois aidés. Hervé Morin a souligné que le gouvernement avait ainsi accentué les déficits pour financer des emplois aidés comme l’avaient fait les Socialistes avant lui.
Hervé Morin a réaffirmé son opposition au contrat première embauche. Le député de l’Eure estime que le CPE est un contrat qui stigmatise les jeunes. Il soutient que les acteurs économiques ont besoin de stabilité et de sécurité juridiques or le gouvernement modifie constamment les règles, le plan de cohésion sociale a créé pas moins de treize nouveaux contrats de travail. Hervé Morin considère que les PME et les artisans ne s’y retrouvent pas dans ce maquis juridique. Enfin, le président du groupe UDF de l’Assemblée nationale aurait souhaité que le gouvernement expérimente d’abord le contrat nouvelle embauche (CNE) : une enquête indépendante conduite après 6 à 9 mois d’application dans les entreprises, aurait permis, selon lui, de mesurer les conséquences de ce contrat avant éventuellement de le généraliser à toutes les entreprises. Hervé Morin fait partie des hommes politiques prêts à assouplir un code du travail jugé trop rigide.