JEAN-JACQUES BOURDIN
Hervé MORIN, soyons sérieux sur l’histoire de l’Arche de Zoé, dites-moi, est-ce que le Quai d’Orsay a été informé… a informé, pardon, le ministre de la Défense et le Ministère de la Défense des projets de l’association ?
HERVE MORIN
Ce qu’on n’arrive pas à faire entendre, qui est une chose simple…
JEAN-JACQUES BOURDIN
… laquelle ?
HERVE MORIN
C’est qu’il y a eu Arche de Zoé à Paris et il y a eu Children rescue au Tchad, et que Arche de Zoé en juillet devient Children rescue en septembre. Et c’est dommage, j’aurais dû vous amener les documents que je me suis fait récupérer, Children rescue arrive en août, au Tchad, à N’Djamena, et indique qu’ils vont mener des opérations humanitaires au profit d’enfants réfugiés soudanais dans l’est du Tchad – opération humanitaire qui est un orphelinat, des soins, etc. Ils obtiennent une autorisation du Ministère de l’Intérieur tchadien pour monter leur opération, comme 80 ONG sont aujourd’hui dans l’est du Tchad. Cette association obtient l’accord du Ministère de l’Intérieur tchadien pour mener des opérations comme en mènent près de 75 ou de 80, demande le concours des forces armées pour le transport des bénévoles, et pour du fret. Nous avons transporté du fret qui est du fret purement humanitaire. Ce fret humanitaire a été transporté, comme nous en transportons chaque semaine au profit d’ONG puisque nous avons transporté pour tout vous dire plus de 200 tonnes de fret depuis le début de l’année.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc, aucune méfiance vis-à-vis de cette association Children rescue.
HERVE MORIN
Donc, l’armée française a vérifié qu’elle avait bien l’agrément d’un Etat souverain et indépendant qu’est le Tchad, et que les demandes et les opérations menées par Children rescue faisaient l’objet des procédures habituelles que nous mettons en œuvre. Je termine parce que c’est important pour que les choses soient bien claires.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, allez-y, Hervé MORIN, allez-y !
HERVE MORIN
Pendant un mois, Children rescue est abrité sous les tentes du HCR, du Haut commissariat aux réfugiés, organisation internationale dépendant de l’ONU, participe au briefing chaque semaine de l’ensemble des ONG présentes sur le terrain, et en quelque sorte fait les choses comme elle l’annonce, comme les papiers le montrent, c’est-à-dire menant des opérations au profit d’enfants. Et c’est tout d’un coup un avion qui débarque sur l’aéroport. Alors, après on va reprocher quoi ? J’ai vu que, peut-être que vous avez d’autres questions mais…
JEAN-JACQUES BOURDIN
… non, non.
HERVE MORIN
Après on reproche…
JEAN-JACQUES BOURDIN
… non, non, moi je voix Axel PONIATOWSKI qui est quand même président à l’UMP de la Commission des affaires étrangères de l’Assemblée…
HERVE MORIN
… eh ben, je l’ai appelé…
JEAN-JACQUES BOURDIN
… qui dit, « il y a eu un problème de dysfonctionnement entre le Ministère des Affaires étrangères et de la Défense ».
HERVE MORIN
Il ne connaît pas le dossier, voilà, bon c’est tout.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Il ne connaît pas le dossier !
HERVE MORIN
Non, c’est ce que je lui ai dit quand j’ai vu la dépêche, je l’ai appelé, je lui ai dit, « est-ce que tu connais l’histoire ? », voilà.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais alors c’est vous qui assurez la surveillance de l’aéroport d’Abéché ?
HERVE MORIN
Non.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, pas du tout ? Ca aussi ça été dit…
HERVE MORIN
Mais ça ce sont des histoires.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Ah bon, d’accord !
HERVE MORIN
On ne… j’allais dire ça, parce que j’ai vu dans les éléments…
JEAN-JACQUES BOURDIN
… oui, oui, j’ai vu ça.
HERVE MORIN
« On surveille l’aéroport d’Abéché », nous ne sommes jamais dans la cour de contrôle à une seule exception, nous sommes dans la tour de contrôle éventuellement quand nous avons des vols militaires au sens des vols menés par les Mirage qui sont placés à N’Djamena et où donc… mais sinon, c’est un Etat souverain qui a son contrôle aérien souverain, nous ne visionnions jamais les plans de vol. Je ne sais pas, on a le sentiment tout d’un coup que le Tchad aurait…
JEAN-JACQUES BOURDIN
… mais est-ce que vous avez été suffisamment informé quand même par le Ministère des Affaires étrangères, toujours ?
HERVE MORIN
Je vais vous dire, quoi qu’il arrive, vous avez Arche de Zoé en juillet, le Ministère des Affaires étrangères leur déconseille, vous avez une association qui arrive, Children rescue, j’ai vu les papiers de Children rescue. Children rescue, c’est en dessous « Détachement international de pompiers volontaires ».
JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, évidemment.
HERVE MORIN
Le Ministère des Affaires étrangères pouvait faire ce qu’il voulait, aurait pu annoncer tout ce qu’on veut, il y a des ONG qui interviennent dans l’est du Tchad, il y en a 80. Comment… il aurait fallu qu’on aille voir l’organigramme de Children rescue et d’Arche de Zoé et qu’on se dise, « ah, attention »…
JEAN-JACQUES BOURDIN
… c’est le même homme qui dirige les deux associations.
HERVE MORIN
C’est le même homme, vous imaginez que dans le flot et la multitude des informations, l’armée française où même j’allais dire le Quai d’Orsay auraient pu…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Bon, Hervé MORIN, je passe à autre chose parce que ça me paraît plus important, il s’agit de la grogne des gendarmes. Vous l’entendez, elle est réelle. Vous la confirmez ?
HERVE MORIN
J’ai des rapports de la Direction générale de la gendarmerie me disant, ce que j’entends aussi…
JEAN-JACQUES BOURDIN
… le moral est jugé très moyen à très mauvais, c’est ce que dit le commandant du groupement de gendarmerie du Finistère.
HERVE MORIN
Oui, mais j’ai pas…le Gers, vous avez aussi
JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, j’ai aussi le commandant de la compagnie… qui parle de pessimisme, dégradation du moral des troupes. Oui ?
HERVE MORIN
Il y a deux points. Le premier point, ça fait là aussi que dix jours que Michèle ALLIOT-MARIE et moi-même disons la même chose mais on n’arrive pas à être entendus.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Allez-y !
HERVE MORIN
Donc, je suis ravi d’être avec vous.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Allez-y !
HERVE MORIN
Le premier point, c’est est-ce que les gendarmes vont perdre leur statut militaire ? Première question.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui ou non ?
HERVE MORIN
Non.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Bon !
HERVE MORIN
Les gendarmes font partie de l’armée, sont sous l’autorité du ministre de la Défense pour leur formation, pour leur statut militaire, pour leurs mesures disciplinaires, pour… bref, ils font partie des armées et d’ailleurs ils en font d’autant plus partie que nous en avons besoin à travers… je veux dire, la France a besoin de deux forces de sécurité, une civile et une militaire. Je pense que cette tradition-là est une tradition importante qu’il faut maintenir. Par ailleurs, les gendarmes, ce qu’on n’oublie toujours, participent aux opérations extérieures et donc la prévôté nous en avons besoin. Et troisième élément, il y a ce qu’on appelle les gendarmeries spécialisées type gendarmerie aérienne, et là aussi ce sont des fonctions assurées par les gendarmes.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors, Hervé MORIN, j’ai des questions précises…
HERVE MORIN
Donc, la gendarmerie va rester militaire, je le répète une première fois, une deuxième fois et une troisième fois, s’il le faut.
JEAN-JACQUES BOURDIN
D’accord. Qui paiera la solde des gendarmes ?
HERVE MORIN
Attendez, je termine, je termine.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, terminez !
HERVE MORIN
Deuxième question, est-ce qu’on va fermer une brigade de gendarmerie sur deux ? Il s’agit d’un rapport fait par un groupe d’auditeurs, de hauts fonctionnaires et de corps d’audit indépendants dans le cadre de ce qu’on appelle la révision générale des politiques publiques. Cette révision générale des politiques publiques, elle est dans chaque ministère et elle est chargée de travailler sur des hypothèses.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Ce rapport envisage la suppression de 8 000 à 10 000 emplois dans la police et la gendarmerie à l’horizon 2011.
HERVE MORIN
Mais ça, ça, ce sont…
JEAN-JACQUES BOURDIN
… donc, c’est un rapport, simplement.
HERVE MORIN
C’est un rapport qui n’a aucun fondement politique, qui n’est pas une commande du Ministère de l’Intérieur, qui n’est pas une commande du Ministère de la Défense et qui sont des rapports comme en font tous les corps de contrôle et d’audits qui peuvent exister. Deuxième point.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Allez-y ! Attendez, sur ce deuxième point, il y a quand même 400 brigades de gendarmerie ont été fermées, ces derniers temps, sur 3 600.
HERVE MORIN
Non mais, entre dire…
JEAN-JACQUES BOURDIN
… est-ce que d’autres brigades vont être fermées ou pas, Hervé MORIN ?
HERVE MORIN
Non, mais il est possible que ponctuellement à tel ou tel endroit, je prends le département que je connais le mieux qui est le département de l’Eure, j’ai donné mon accord pour la fermeture d’une petite brigade à quatre ou à cinq parce que ça n’a pas de sens opérationnel, et ça les gendarmes ne s’y opposent pas, je veux dire on ne peut pas non pus tout geler et tout congeler, la France évolue, les populations ne vivent plus au même endroit qu’elles vivaient il y a quelques années. Il vaut mieux mettre les gendarmes là où il y a de plus en plus de populations, etc. Mais l’idée de fermer une brigade sur deux ça n’a pas de sens. Troisième élément, on a eu ce qu’on appelé le rapport du Haut comité d’évaluation de la condition militaire, ce rapport a été rendu en février 2007 montrant qu’il y avait un problème de parité de rémunération entre gendarmes et polices.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui.
HERVE MORIN
Ce rapport, Michèle ALLIOT-MARIE, mon prédécesseur, s’est engagée à faire en sorte qu’il soit mis en œuvre dans les années qui viennent. Nous mettons en œuvre la première tranche de ces conclusions dans le budget 2008. Il y a un effort sans précédent pour les gendarmes, les militaires du rang…
JEAN-JACQUES BOURDIN
… ils vont être augmenté, donc.
HERVE MORIN
… et les sergents.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Ils vont être augmenté ?
HERVE MORIN
Ils vont être augmenté, c’est-à-dire…
JEAN-JACQUES BOURDIN
… de combien ?
HERVE MORIN
… qu’on va arriver pour cette catégorie-là, on va arriver à une parité globale de rémunération entre policiers et gendarmes.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, mais de combien vont-ils être augmentés ?
HERVE MORIN
Ils vont être augmenté… c’est en moyenne de l’équivalent d’un demi mois.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Un demi mois de plus.
HERVE MORIN
Et ce qui permettra, parce qu’on n’est pas non plus dans une échelle de perroquet, on continue à augmenter les gendarmes et qu’après les policiers disent, « mais il faut nous mettre au même niveau que les gendarmes ». Donc, en fonction des conclusions de ce rapport, nous allons avoir une parité globale de rémunération entre seulement les gendarmes et les policiers. Pourquoi on ne peut pas faire les autres, c’est-à-dire les sous-officiers et les officiers ? Parce que d’abord nous devons modifier ce qu’on appelle les statuts particuliers. Pour modifier les statuts particuliers, il y a toute une procédure réglementaire à engager, que le gouvernement a engagé, ces textes doivent être examinés par le Conseil d’Etat et donc nous pourrons mettre en œuvre à partir du 1er janvier 2009 la suite des conclusions de ce Haut comité parce que d’abord nous devons modifier les textes réglementaires. Donc, sur, un, la question de la rémunération, le gouvernement sur l’arbitrage du Premier ministre fait un effort là où il pouvait le faire parce qu’il n’y avait pas besoin de modifier les textes réglementaires.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Ca, j’ai compris.
HERVE MORIN
Deux, la fermeture de la brigade, une sur deux, c’est un rapport d’un comité d’audit et ça n’est pas une commande politique…
JEAN-JACQUES BOURDIN
… donc, il n’y aura pas de fermeture.
HERVE MORIN
… il n’y aura pas la fermeture d’une brigade de gendarmerie sur deux. Trois, on nous dit, « les gendarmes ne seront plus militaires », les gendarmes resteront militaires.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Et qui paiera la solde des gendarmes ?
HERVE MORIN
On est toujours sur le même système depuis 2003…
JEAN-JACQUES BOURDIN
… qui paiera la solde ?
HERVE MORIN
…où les gendarmes sont pour emploi sous l’autorité du ministre de l’Intérieur, et où le budget est déterminé conjointement par le ministre de la Défense et le ministre de l’Intérieur.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc, la solde des gendarmes sera payée conjointement par le ministre… ça dépend, quoi.
HERVE MORIN
Le budget accordé…mais non, ils sont payés par le Ministère de la Défense mais si dans le cadre d’une mission, un BOP…
JEAN-JACQUES BOURDIN
… d’un budget global.
HERVE MORIN
… qu’un budget sécurité ou…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Et les heures supplémentaires, pourquoi est-ce qu’il y a des heures supplémentaires payées dans la police et pas dans la gendarmerie ?
HERVE MORIN
Parce que les gendarmes sont militaires et qu’il n’y a pas de temps de travail chez les militaires.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien.
HERVE MORIN
Voilà !
JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien, mais très bien, non, non, mais ces précisions sont importantes, Hervé MORIN, vous le savez bien.
HERVE MORIN
Non mais, vous comprenez bien, que on ne peut pas à la fois vouloir maintenir un statut militaire et souhaiter rester militaire et en même temps tout d’un coup être dégagé des mêmes obligations que les autres militaires de l’armée française.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce que les gendarmes travaillent plus que les policiers, Hervé MORIN, je vous pose la question?
HERVE MORIN
Non, non, mais je ne vais pas rentrer dans ce débat.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais non, mais je vous la question.
HERVE MORIN
Non, je ne rentrerai pas dans ce débat. Les militaires, je termine là-dessus…
JEAN-JACQUES BOURDIN
… pourtant c’est le fond du problème pour beaucoup de gendarmes qui n’ont plus de vie de famille ou qui ont une vie de famille écornée, vous le savez bien, Hervé MORIN.
HERVE MORIN
Oui, mais je connais les contraintes de la vie de la gendarmerie, je suis encore allé dans une brigade de gendarmerie la semaine dernière lorsque nous avons eu le Conseil des ministres en Corse ; je suis élu local, donc je sais très bien le boulot que font les gendarmes, je le sais parfaitement. Mais, je voudrais insister sur une chose, les gendarmes souhaitent militaires, la République française et le gouvernement souhaitent que les gendarmes restent militaires, mais on ne peut à la fois souhaiter être militaire et en même temps être détaché des mêmes obligations que les autres militaires de la République française, c'est-à-dire les militaires de l’armée de Terre, les militaires de l’armée de l’Air, et les militaires de la Marine. Et donc, moi, je suis ministre de la Défense de l’ensemble de ces quatre composantes, et donc je dois faire en sorte que l’unité de ces quatre composantes soit maintenue pour que le Ministère de la Défense se porte bien.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Il est 08 h 45. Hervé MORIN est notre invité ce matin, on se retrouve dans deux minutes.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Hervé MORIN est notre invité ce matin, Hervé MORIN j’ai deux questions, encore une question… deux questions sur les gendarmes et sur les militaires Hervé MORIN, et puis nous passerons à autre chose. Les gendarmes qui sont mis à disposition du ministère de l’Intérieur pour des missions…
HERVE MORIN
Ils sont pour emploi sous l’autorité du ministère de l’Intérieur.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Voilà sous l’autorité, pourquoi ils n’ont pas le droit à l’expression syndicale ?
HERVE MORIN
Parce qu’ils sont militaires !
JEAN-JACQUES BOURDIN
Bon, d’accord, deuxième question pourquoi est-ce que vous ne réformez pas le régime de retraite des gendarmes et des militaires, puisqu’on en est à la réforme des régimes spéciaux de retraite ?
HERVE MORIN
D’une part, il y a eu un pas qui a été effectué dans le cadre de la réforme en 2003. D’autre part, les militaires sont soumis à des obligations et notamment, puis-je vous le rappeler, la moitié des militaires sont contractuels…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Ce ne sont pas les seuls !
HERVE MORIN
Non, d’accord, mais plus de 50 % du ministère de la Défense, ce sont des contractuels. Et d’autre part, le principe c’est que si vous voulez avoir une armée efficace, il faut une armée jeune. Et donc, la plupart des militaires français font 5, 10, maximum 15 ans. Donc il faut bien prévoir un système qui permet à l’armée française de pouvoir gérer.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc, on ne réforme pas le régime spécial des militaires ?
HERVE MORIN
Ecoutez, moi pour l’instant, je considère qu’en tant que ministre de la Défense, les militaires ont fait une partie du chemin et que les contraintes opérationnelles du ministère de la Défense fait que l’on ne peut pas aligner tout le monde, après on verra.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc pas de réforme de régime spécial ?
HERVE MORIN
Pour l’instant, il n’y a rien, pour l’instant nous ne travaillons pas le sujet.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Bon, vous ne travaillez pas le sujet. Hervé MORIN, autre chose, le Rafale, à qui allez-vous vendre le Rafale ?
HERVE MORIN
Vous savez, je ne vous dirai pas quels sont les procédés,...
JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous avez, deux, trois contrats en vue, franchement ?
HERVE MORIN
Je ne vous parlerai pas de ça. Nous avons, nous allons…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Parce qu’on ne le vend à personne ce Rafale !
HERVE MORIN
Nous allons annoncer à la fin de l’année, j’avais demandé un plan stratégique à l’exportation pour l’ensemble de l’industrie de Défense, pourquoi ? Parce que l’industrie de Défense c’est une pointe de diamant de l’industrie française. C’est cinquante ans d’efforts d’un pays pour faire en sorte… non mais attendez…Deuxième point c’est 250.000 emplois à peu près,...
JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est-à-dire que plus on vend d’armes dans le monde, mieux on se porte en France.
HERVE MORIN
Non, mais il faut arrêter je dirais aussi de faire dans l’angélisme, on a besoin…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Je ne fais pas dans l’angélisme...
HERVE MORIN
On a besoin… on a une industrie, cette industrie là, on doit la défendre, c’est la moindre des choses,...
JEAN-JACQUES BOURDIN
Je dis ça, parce que comme on donne des leçons de droit de l’homme à la terre entière.
HERVE MORIN
Oui, d’accord, mais on a les contrôles, on a les contrôles politiques, puisque vous savez qu’une vente d’armes est soumise à une autorisation d’une Commission qui est présidée par les services du Premier ministre – donc tout ça est sous contrôle, on ne vend pas n’importe quoi, n’importe comment.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Et donc le Rafale ?
HERVE MORIN
Et donc ce que je souhaite c’est que nous ayons un plan stratégique à l’exportation pour faire en sorte que nous soyons aussi performants que les autres pour soutenir l’industrie de Défense lorsqu’elle est en marche.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Soutenir par exemple le Rafale, je reviens au Rafale, deux contrats avant la fin de l’année, deux contrats avant la fin de l’année ?
HERVE MORIN
Je n’ai rien à vous dire là-dessus.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Bon, on a échoué au Maroc, lamentablement, lamentablement franchement ?
HERVE MORIN
On a échoué au Maroc, notamment, le gouvernement, quoi, le système n’a pas été capable de porter, comme il le fallait.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors ça c’est en terme ministériel que c’est dit Hervé MORIN, hein, je vois que vous souriez, bon, d’accord, oublions le Rafale. Notre deuxième porte-avions nucléaire, est-ce qu’on va… ?
HERVE MORIN
Ça, la question du deuxième porte-avions est une question qui est posée dans le cadre de ce qu’on appelle le Livre blanc sur la Défense, c'est-à-dire…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous y êtes favorable ?
HERVE MORIN
Laissez-moi terminer, le second porte-avions, nous avez à l’heure actuelle, il y a un exercice qui s’appelle le Livre blanc, ce Livre blanc est chargé de faire un travail qui été effectué la dernière fois en 1993, qui est une analyse stratégique : nos alliances, les menaces, les risques et de cela quelles doivent être les missions des forces armées et quel doit être le modèle de nos forces armées ? Dans le cadre de cette réflexion, la question du second porte-avions sera posée avec un arbitrage du président de la République le moment venu.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous y êtes favorable ou pas dans l’état actuel des choses ?
HERVE MORIN
Le président de la République décide, il est le chef…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Hervé MORIN vous n’avez pas d’idée sur la question ?
HERVE MORIN
Le président de la République décidera. Nous avons dans le budget 2008 inscrit 3 milliards d’euros d’autorisation d’engagement dans l’hypothèse où le président de la République déciderait de faire ce second porte-avions.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Il décidera quand le président de la République ?
HERVE MORIN
Et la décision sera prise en début d’année prochaine.
JEAN-JACQUES BOURDIN
En début d’année 2008 !
HERVE MORIN
Oui.
JEAN-JACQUES BOURDIN
On décidera, oui ou non.
HERVE MORIN
Oui, donc pour l’instant, nous, on inscrit la somme,...
JEAN-JACQUES BOURDIN
Compte tenu du pouvoir d’achat des Français, peut-être que le non serait mieux, non ?
HERVE MORIN
Après, ce n’est pas une question de pouvoir d’achat des Français, c’est un choix parmi l’ensemble des moyens dont l’armée a besoin pour assurer la défense et la sécurité du pays.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors précisément, tiens, est-ce que nous sommes prêts à faire la guerre à l’Iran ?
HERVE MORIN
Mais ce n’est pas une question … la question ne se pose pas.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Remarquez que ce n’est pas moi qui aie parlé de guerre à l’Iran, c’est un ministre de la République.
HERVE MORIN
J’ai déjà eu l’occasion de répondre, c’est une question qui ne se pose pas en ces termes. Ce que nous souhaitons c’est que…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Nous serions prêts à intervenir s’il le fallait ?
HERVE MORIN
C’est une question qui ne se pose pas.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Ah bon !
HERVE MORIN
Ce que nous souhaitons c’est que l’Iran revienne à la table des discussions et des négociations sur un sujet simple qui est son programme d’enrichissement. Qui est un programme d’enrichissement qui n’a pas de raison d’être si c’est un programme civil. Et donc, ce que demande la Communauté internationale c’est que l’Iran ouvre les portes et permette à l’AIEA, à l’Agence chargée du contrôle des installations nucléaires de pouvoir aller observer sur place et ainsi démontrer que l’Iran n’a pas de programme nucléaire militaire.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais s’il fallait réagir, on est capable de réagir en combien de temps très vite.
HERVE MORIN
Ce ne sont pas des questions auxquelles je vous répondrai.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Bon d’accord ! Bon d’accord, Philippe DUFREIGNE a peut-être d’autres questions auxquelles vous allez répondre...
PHILIPPE DUFREIGNE
Celle de Véronique par exemple, Véronique qui était sur notre tchat qui a dit, Monsieur MORIN, pendant la campagne présidentielle, une idée avait circulé, celle de rétablir un service militaire ou une forme de service civil, où en est-on sur ce dossier aujourd’hui ?
HERVE MORIN
Rétablir, moi, quand on a supprimé le service militaire, j’y étais opposé, parce que je pensais que c’était un creuset important. Ayant fait mon service militaire, je trouvais que le service militaire avait deux vertus. La première c’était celle d’apprendre à un certain nombre de jeunes à se lever le matin, à être encadrés, à avoir un certain nombre de repères et j’avais pu observer ça lors de mes classes. Et le second point c’est que cela permettait aux enfants issus des bonnes familles françaises de voir que la France ce n’était pas seulement le 16ème arrondissement. Et donc cela avait une vrai vertu, on l’a supprimé, on a fait le chemin qui était celui de la professionnalisation, l’idée de revenir au service militaire aujourd’hui est une question qui ne se pose pas, parce qu’on a adapté nos forces armées … on a fait un effort gigantesque, la professionnalisation a été un effort d’adaptation considérable, revenir en arrière aujourd’hui serait impossible. Voilà la situation actuelle.
JEAN-JACQUES BOURDIN
J’ai une dernière question sur le nouveau centre quand même, il parait que Nicolas SARKOZY a souhaité que votre proposition de loi ne soit pas réexaminée à l’Assemblée. Vous savez qu’il s’agissait de permettre à votre formation de bénéficier d’un million huit cent mille euros...
HERVE MORIN
C’est un peu court de dire ça comme ça !
JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, mais ce n’est pas de financement public c’est…
HERVE MORIN
Nous avons des règles liées au financement de la vie politique et ces règles on veut les changer, elles ont été changées huit fois.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous voulez les changer parce que vous avez besoin d’argent.
HERVE MORIN
Elles ont été changées huit fois, mais cela ne nous empêchera pas de vivre. Elles ont déjà été changées à huit reprises, depuis qu’on a instauré des règles de financement de la vie politique. C’était à budget constant, donc on n’augmentait pas la demande, c’était dans le cadre de l’enveloppe consacrée à la vie politique française. Troisième élément, il me parait normal qu’un groupe, qu’un parti politique, qu’un groupe parlementaire qui a des maires, qui a des conseillers généraux, qui a des conseillers régionaux, des présidents de départements, qu’une formation politique qui existe politiquement sur le terrain et à l’Assemblée nationale puisse accéder au financement public. C’est ce que nous demandons ! Et je me permets de vous signaler une chose...
JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous allez faire revenir ce texte ou pas, oui ou non ?
HERVE MORIN
Alors le président de la République a dit, un, je considère que la majorité cela ne se limite pas à l’UMP et que la majorité se porte mieux avec plusieurs jambes...
JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors est-ce que vous allez faire revenir ce texte à l’Assemblée...
HERVE MORIN
Donc le président de la République a dit, dans la perspective des évolutions institutionnelles qui seront présentées au Parlement en mars, il y aura ensuite un certain nombre de conséquences. Notamment liées au financement de la vie politique et on réinscrira tout ça dans ce cadre là. Dernier point, si, si c’est très important...
JEAN-JACQUES BOURDIN
Très vite car nous sommes très en retard.
HERVE MORIN
Le financement de la vie politique c’est un moyen d’assurer la transparence et j’allais dire un bon fonctionnement de la vie politique française. Le financement de la vie politique cela ne doit pas congeler et statufier la vie politique française. Le problème c’est qu’avec ces règles de financement on congèle les choses et on fait en sorte que les choses ne bougent pas. Or c’est l’inverse qui doit se passer, c’est que le financement de la vie politique doit accompagner les évolutions politiques.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien, merci Hervé MORIN