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28.02.2007 : La Mayonnaise prend ! (Marianne2007.info)

Le porte-parole de François Bayrou et président du groupe UDF à l'Assemblée, répond aux questions de Marianne2007.info.

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François Bayrou avait dit qu'il ne se rendrait pas à l'émission de TF1 produite par Dominique Ambiel, « J'ai une question à vous poser… » Finalement, il y est allé, on l'a vu, lundi soir. Qu'est-ce qui l'a fait changer d'avis ?

La question était de savoir comment était organisée cette manifestation, et de quel temps de parole disposait François Bayrou. Si quelqu'un qui est estimé entre 17 et 19% dans les sondages devait avoir 20 ou 25 minutes de temps de parole, quand Ségolène Royal ou Nicolas Sarkozy en avaient 2 h 20, il nous a semblé que c'était un traitement assez inégalitaire. D'autant qu'aux élections régionales, nous n'étions qu'à 4 points de l'UMP ! Nous estimions que le traitement qui nous était infligé ne correspondait en rien à l'audience de Bayrou. Quand nous avons obtenu 1 h 20, nous avons estimé qu'il pouvait y aller.

Un sondage Ifop à paraître ce jeudi dans Paris-Match donne, pour la première fois, François Bayrou à 19%. Vous faites confiance aux sondages ?

Je me méfie beaucoup des sondages. Je sais à quel point tout cela est extrêmement volatile. Je sais que l'écho de la campagne de François Bayrou dans l'opinion est extrêmement important et nous avons commencé à le sentir bien avant les sondages. Lorsqu'il était à moins de 10%, nous, les parlementaires, avons senti que les choses allaient beaucoup mieux. Puis, progressivement, on a vu que la mayonnaise prenait, que les gens étaient de plus en plus réceptifs, qu'ils écoutait François Bayrou, que le message de vouloir rassembler les Français plutôt que de les diviser était un message entendu. (…) Les sondages sont la traduction, aujourd'hui, de ce que nous voyons et ressentons dans le pays. Pour tout vous dire, je pense même que les sondages reflètent imparfaitement le niveau d'audience que François Bayrou a atteint dans l'opinion.

Face à cette percée de l'UDF, le PS affûte ses arguments et accuse Bayrou d'être « de droite ». Qu'est-ce que vous répondez à ça ?

Le fait de vouloir créer deux emplois nouveaux avec seulement 10% de charges sociale dans chaque entreprise, le fait de vouloir lutter contre les déficits et l'endettement, c'est des mesures de droite ou des mesures de gauche ? Si vous êtes capable de me qualifier ce qu'est une mesure de droite ou de gauche en prenant ces exemples, et bien je vous donne ma place.

Posons la question différemment : François Bayrou a présenté vendredi sa politique de rigueur économique. A l'heure où les inégalités se creusent, où les entreprises du CAC 40 font des bénéfices records et où l'on sait qu'il y a, en même temps, 7 millions de travailleurs pauvres, un fort taux de chômage, etc. est-ce que vous croyez vraiment que la politique de rigueur économique de François Bayrou est la solution ?

On ne parle pas d'une politique de rigueur mais d'une politique qui consiste à éviter de faire peser sur les générations actuelles et sur les générations futures les mesures qu'on ne prend pas. Est-ce qu'on peut parler de mesures de rigueur quand on dit qu'on va essayer de faire en sorte que l'Etat, pour sa dépense courante, pour son fonctionnement courant, cesse de s'endetter chaque année ? Tous les Français qui ont un porte-monnaie, un budget à gérer savent que ça ne peut pas durer éternellement. Il faut faire en sorte que, si on a des dépenses nouvelles, on les équilibre par des économies. C'est ce que propose François Bayrou avec des mesures extrêmement importantes pour les universités, la recherche, la justice, des mesures sur les heures supplémentaires aussi – avec des économies en face. Avec une idée simple : notre pays ne doit pas dépenser plus qu'il n'a. Si vous vous appelez ça de la rigueur, vous avez le droit, moi j'appelle ça une politique qui évite de mettre le pays dans le mur.

Dans l'hypothèse d'une victoire de François Bayrou à l'élection présidentielle, comment voyez-vous les élections législatives. Autrement dit : si vous n'avez pas la majorité à l'Assemblée, comment envisageriez-vous de gouverner ?

François Bayrou est élu le soir du second tour de l'élection présidentielle. Il y a, moins d'un mois après, des élections législatives. Donc il y a aura des candidats qui seront investis avec l'imprimature « majorité présidentielle ». Pour nous il ne s'agit pas de reconstituer l'Etat PS ou l'Etat UMP, mais au contraire d'avoir un rassemblement le plus large possible, pour avoir la base électorale et la légitimité la plus grande possible (…). Nous aurons des hommes et des femmes qui représenteront les grandes sensibilités politiques, sous l'étiquette « majorité présidentielle », mais qui constitueront leurs propres groupes à l'Assemblée. On imagine très bien qu'il y ait un groupe des « sociaux démocrates », c'est-à-dire de la gauche moderne, qui participerait au gouvernement et à la mise en œuvre de la politique à l'Assemblée, un groupe de la droite modérée qui aurait aussi des représentants au gouvernement et à l'Assemblée, et aussi, pourquoi pas, un groupe écologiste, de la mouvance de Nicolas Hulot, ou d'autres, qui donnerait une composante environnementale au gouvernement. L'idée, c'est qu'il y ait des députés issus de l'UDF, mais quand vous décidez de faire le rassemblement et l'union, vous le faites aussi dans les actes. Et dans les actes, c'est en donnant la possibilité à des formations politiques de pouvoir avoir une représentation à l'Assemblée leur permettant de participer à l'élaboration de la politique du gouvernement.

François Bayrou s'est peu exprimé sur la question des OGM : quelle est la position de l'UDF et que pensez-vous du sort réservé aux faucheurs volontaires ?

Il faut éviter que les politiques ne commentent les décisions de justice. (…) La justice tranche en fonction des lois, il y a des voies de recours (…) Nous devons considérer que, pour avoir confiance dans l'ensemble du système républicain il faut avoir confiance dans le système judiciaire. (…) Et sur les OGM, nous disons qu'il y a des précautions qui doivent être prises, notamment sur les expérimentations en plein champ qui nous semblent ne pas donner toutes les garanties nécessaires.


Propos recueillis par Anna Borrel et François Vignal

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