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31.10.2006 : L’état d’exaspération du pays est plus fort qu’en 2002 (RFO et France Ô)

Hervé Morin à l’émission « Otrement dit » sur RFO et France Ô

 20 Ko Le 31 octobre Rachid Arhab et Dominique Roederer ont reçu Hervé Morin. Ce dernier a estimé que les idées de François Bayrou font progressivement leur chemin dans l’opinion. Le président de l’UDF propose de rassembler la gauche et la droite modernes pour redresser le pays et il a l’ambition de remettre sur pied notre système politique. L’UDF est ainsi favorable à un pacte national pour les banlieues qui rassembleraient les partis du champ républicain afin de mener une politique de long terme qui auraient pour priorité l’éducation et l’urbanisme. Selon lui, il n’est pas impossible que François Bayrou se retrouve au second tour face à Jean-Marie Le Pen tant l’exaspération du pays est importante.

« Personne ne pense que le chômage baisse - à juste titre » a commenté Hervé Morin après la publication des chiffres du chômage pour le mois de septembre. Le vice-président de l’UDF a expliqué que la création d’emplois marchands, « le véritable emploi », reste limitée, de l’ordre de 60 à 70 000 par an. Il a constaté que le gouvernement a eu recours aux contrats aidés financés par le contribuable et qu’il a radié des chômeurs qui sont venus grossir les rangs des Rmistes. Enfin, la pyramide démographique s’est inversée : avec le nombre de départs à la retraite, il suffit de créer 50 000 emplois pour que le chômage baisse en France alors qu’auparavant il fallait en créer 200 000 pour qu’il n’augmente pas. Hervé Morin a expliqué qu’au bout du compte il reste toujours 4 à 5 millions de personnes en France qui cherchent un emploi. Néanmoins, le député UDF approuve la démarche du ministre de la cohésion sociale, Jean-Louis Borloo, qui vise à protéger les personnes plutôt que l’emploi qui par nature est instable : à l’instar des pays scandinaves, il s’agit d’accompagner les personnes pour qu’elles retrouvent rapidement un travail notamment en leur proposant une formation quitte à revaloriser l’indemnité chômage actuelles.

« Il ne restera pas grand chose du quinquennat de Jacques Chirac, ainsi que d’ailleurs du mandat précédent » a déclaré Hervé Morin, « il restera une politique étrangère tout à faire acceptable, une politique européenne absolument exécrable, et une politique nationale qui n’est pas à la hauteur de ce qu’on pouvait attendre ». Le vice-président de l’UDF considère que le président de la République avait une occasion historique en 2002 d’agir puisqu’il avait été élu avec plus de 82% de voix. Il n’est pas favorable à une nouvelle candidature de Jacques Chirac. Il plaide au contraire pour un changement de génération tous les 10-15 ans comme cela se fait dans les pays européens où quand un homme politique au pouvoir est battu, il ne se représente pas. C’est pourquoi il s’est prononcé pour l’interdiction du cumul des mandats dans le temps : pour lui, quand on exerce le pouvoir en sachant qu’on ne pourra pas se représenter, on gouverne différemment et on pense moins à sa carrière. Il souhaite également que les députés n’aient pas d’autres mandats afin que le Parlement ne soit plus le théâtre d’ombres qu’il est aujourd’hui. En revanche, Hervé Morin est opposé à la création de jurys populaires proposés par Ségolène Royal. Il trouve cette idée « démagogique » et « idiote » car il considère que si les institutions fonctionnent correctement, il existe déjà les instruments d’évaluation et de contrôle : par exemple, l’UDF est favorable à un contrôle politique de l’exécutif par le Parlement et elle plaide pour une indépendance de la justice. « Des pouvoirs sont contrebalancés par d’autre pouvoirs, il n’y a pas besoin de jurys populaires » a expliqué le président du groupe UDF à l’Assemblée nationale. Pour les présidentielles de 2007, Hervé Morin n’exclut pas un deuxième tour, Bayrou-Le Pen car il estime que « l’état d’exaspération du pays est plus fort qu’en 2002 ». Il a expliqué que les propositions de François Bayrou de rassembler dans un gouvernement des hommes et de femmes de gauche et de droite, et de remettre sur pied notre système politique, sont deux idées qui font progressivement leur chemin dans l’opinion.

S’agissant de la crise des banlieues, Hervé Morin considère qu’un des drames de notre vie politique est qu’on légifère dans l’urgence et dans l’émotion » sans se demander si les dispositifs législatifs existants sont réellement mis en œuvre et s’ils donnent des résultats. Or depuis vingt ans, la droite et la gauche ont, selon lui, échoué. C’est pourquoi l’UDF propose un pacte national pour les banlieues qui rassemble les partis du champ républicain afin qu’ils se mettent d’accord sur une ligne directrice de dix-quinze ans qui ne soit pas remise en cause à la première alternance venue. C’est le projet de François Bayrou qui souhaite former un gouvernement d’entente nationale qui comporte des personnes issues de la droite moderne et de la gauche moderne. Pour Hervé Morin, il faut proposer un projet pour sortir les banlieues de la ghettoïsation : les priorités doivent aller à l’éducation et à l’urbanisme. Hervé Morin a également évoqué la question de la discrimination positive et le fait qu’une personne d’origine étrangère a six fois moins de chances qu’une autre de décrocher un entretien d’embauche. D’où l’idée d’instituer un CV anonyme, réclamé par l’UDF et voté au Parlement mais toujours pas appliqué. Dans le cas du drame de Marseille où une jeune femme a été brûlée vive, il a estimé qu’il ne faut pas confondre un fait divers commis par des crapules et un grave problème de société que constitue la crise des banlieues. Il est favorable à une sanction rapide et efficace mais selon lui, « on ne peut pas seulement avoir un message négatif sur la répression et la sanction ». Il faut que cette sanction s’accompagne d’un effort de réinsertion pour donner des repères, des valeurs, une formation, sinon on va tout droit vers la récidive.

Concernant l’immigration clandestine massive Outre-mer et en particulier en Guyane et à Mayotte, Hervé Morin n’est pas opposé à ce que l’on adapte la législation actuelle car la situation n’est pas acceptable. Président du groupe d’amitié France-Niger à l’Assemblée, Hervé Morin est favorable au co-développement c'est-à-dire à un transfert de richesses du Nord vers le Sud. « Nous avons une obligation historique à l’égard de l’Afrique » a expliqué Hervé Morin. Pour lui, ceux qui font croire qu’il suffit d’ordonner des reconduites à la frontière, trompent les gens car il y aura toujours des candidats à l’émigration même s’il faut pour cela traverser la totalité du désert comme c’est le cas au Niger et même s’ils ont deux chances sur trois de mourir. Il pense que ce discours peut être compris en France à condition que l’on fasse appel à l’intelligence des gens comme le fait François Bayrou et non que l’on tombe dans la surenchère démagogique. Il a également expliqué la position de l’UDF sur la Turquie : la formation centriste considère l’Europe comme une communauté de destin ayant une Histoire et une culture communes dont la Turquie ne fait pas partie. L’Union européenne est un ensemble politique cohérent capable de peser sur la planète avec ses propres valeurs sociales et de développement. De plus, Hervé Morin a critiqué le fait que le président de la République ait décidé de manière « unilatérale » et « monarchique » l’ouverture des négociations d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne sans demander l’avis du Parlement français. Sur les affaires étrangères, le vice-président de l’UDF a plaidé pour une politique européenne commune afin de peser sur le cours du monde et pour que l’Europe joue notamment un rôle dans le règlement du conflit palestinien et au Moyen-Orient : « il faut que les Européens parlent d’une seule voix pour peser face aux Etats-Unis et à la Chine ».

Enfin, Hervé Morin a été interrogé sur les 35 heures, il a rappelé que l’UDF a été la seule à défendre une vraie réforme dès 2002 pour permettre à ceux qui veulent gagner plus, de travailler plus. Ainsi, l’UDF propose de maintenir la durée légale du travail à 35 heures et de permettre aux salariés de toucher une bonification de 25% de 35 à 39 heures avec une baisse des cotisations patronales à due proportion afin que salariés et employeurs s’y retrouvent. Il a rappelé que la France est un des pays au monde où l’on travaille le moins, cela pose de fait un problème de salaire et de pouvoir d’achat. De plus, il estime que les 35 heures étaient « une erreur culturelle » estimant que le travail participe à l’épanouissement de l’homme.

Pour regarder l'émission Ôtrement dit

Site officiel de Hervé Morin, Ministre de la Défense et Maire d'Epaignes

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