Hervé Morin n’aurait pas signé la déclaration commune de la gauche de ce matin, mais il est d’accord avec certains des termes de cette déclaration. « Le gouvernement pourrait engager l’épreuve de force si cela avait été une réforme fondamentale ». Mais Hervé Morin ne comprend pas un tel gâchis sur un texte qui n’est ni fondamental pour l’emploi des jeunes, ni essentiel pour l’évolution de la situation économique. « C’est ahurissant ». Pour Hervé Morin cette épreuve de force serait une des conséquences d’une guerre interne à l’UMP, c’est à celui qui fera le plus de réformes en vue des échéances de 2007. De plus « on ne stigmatise pas les jeunes ». Hervé Morin ne comprend pas cet entêtement. « C’est à Jacques Chirac de créer les conditions pour rénover le dialogue et pour éviter l’affrontement ». « La nature de Jacques Chirac est plutôt celle du compromis et de la conciliation. Mais aujourd’hui le pouvoir est faible. On ne peut présumer de ce que Jacques Chirac va décider. Mais ce qui est certain, c’est que la situation est ubuesque ». Hervé Morin rappelle que le CPE a été voté par le Parlement sans discussion avec les partenaires sociaux alors que la loi Fillon l’y obligeait.
La démocratie française ne marche pas. Elle est « monolithique » : nous avons « un exécutif qui détient tous les pouvoirs ». La question fondamentale est aujourd’hui celle de l’évolution des institutions. Hervé Morin se dit inquiet pour son pays, inquiet de voir toutes ces dérives sociales. Le pays va mal. Une telle réforme ne devrait pas être conduite dans ces conditions. Ce n’est pas démocratique. Il faut une nouvelle conception de la démocratie. En démocratie moderne, il faut discuter avec les partenaires sociaux.