30.11.2005 : "Les électeurs trancheront", ITW d'Hervé Morin dans l'Eveil Normand



Mercredi 23 novembre, les élus de l'UDF, en grande majorité, refusaient d'adopter le budget présenté par le gouvernement. Hervé Morin, député UDF de la circonscription de Bernay commente cette décision. Interview.


L'UDF a refusé de voter le budget. Pouvez-vous rappelez, dans les grandes lignes, ce en quoi il est non conforme à vos attentes ?
Le budget continue comme les années précédentes sur la voie du déficit, de l'endettement, et de l'augmentation des impôts et des dépenses de l'Etat. A l'exception des très hauts revenus -0,4% des ménages-, les prélèvements obligatoires n'ont jamais été aussi élevés en France. Notre endettement atteint 2 000 milliards d'euros ; on est aujourd'hui plus endettés que les Grecs et les Italiens dont on riait il y a encore quelques années. Les dépenses publiques continuent d'augmenter deux fois plus vite que la croissance, ce qui veut dire à terme soit de l'endettement supplémentaire, soit des impôts supplémentaires.
Durant toute ma campagne électorale, j'ai expliqué qu'il fallait dire la vérité aux Français sur la situation extrêmement difficiles du pays pour qu'ils deviennent des citoyens responsables de l'avenir de la France, pour qu'ensuite des réformes soient entreprises. Malheureusement on continue à faire le contraire.


En refusant ce budget, l'UDF entre-t-elle dans l'opposition ?
Je ne suis pas d'accord avec le Gouvernement lorsqu'il présente un budget comme celui-ci mais je n'ai rien de commun avec le parti socialiste qui est reparti dans le bal des illusions.


Au regard du contexte politique actuel, trouvez-vous pertinent de constituer une réelle opposition ? Le rassemblement, prôné après 2002, connaît-il des limites ?
En 2002, on nous a expliqué qu'il fallait nous rassembler dans un unique parti -l'UMP- pour faire en sorte que les réformes nécessaires dont le pays avait besoin soient faites. Je constate malheureusement que l'UMP a tous les pouvoirs, à l'assemblée, au sénat, à l'Elysée et à Matignon et que ces réformes n'ont pas été effectuées à l'exception des retraites. Ce qu'il faut, comme viennent de le montrer les Allemands, c'est rassembler un maximum de Français autour de réformes acceptées par une majeure partie de nos concitoyens et non s'embastiller dans des querelles de partis qui ne mènent nulle part.


L'UMP menace d'imposer des candidats sur les circonscriptions où sont élus des députés UDF, à l'occasion des prochaines législatives ? Qu'en pensez-vous ? Quelles sont vos craintes sur votre territoire ?
Tout cela n'a absolument aucun sens puisqu'au soir du premier tour de l'élection présidentielle, les cartes politiques seront totalement rebattues, et qu'une nouvelle majorité devra émerger.
Quant à ma situation personnelle les électeurs trancheront. D'ailleurs, un des drames du pays c'est que la politique en France est devenue une carrière au lieu d'être une ambition pour son pays. Regardez ce qui se passe dans les autres démocraties occidentales : tous les dix ans, une nouvelle génération politique apparaît. On est élu: on exerce le pouvoir et lorsqu'on est battu une nouvelle génération d'hommes et de femmes politiques apparaît. C'est le cas en Angleterre, en Allemagne, en Espagne et aux Etats-Unis. En France, au contraire, on peut avoir exercé le pouvoir, avoir été remercié ensuite par les électeurs et quand même être le candidat le coup d'après. Tout cela ne favorise pas le courage et l'envie de faire bouger les choses. J'ai fait un choix. Celui de la fidélité à mes engagements pris en 2002 de baisse des impôts, de réduction de la dette et de stabilisation de la dépense publique, je l'assume. Et les électeurs trancheront.

Karine Lebrun

Site officiel de Hervé Morin, Ministre de la Défense et Maire d'Epaignes

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