Samedi 17 mai, Hervé Morin a été élu président du Nouveau Centre avec 87% des voix.
Dans la Presse

21.06.2006 : Législatives 2007 dans la 3eme circonscription - Le courrier de l'Eure


Le député de l’Eure et président du groupe UDF à l’Assemblée est candidat pour un troisième mandat. Mais pas à n’importe quel prix... même s’il garde pour l’instant le champ libre sur son territoire, faute d’adversaires déclarés.

B.K. : Hervé Morin, vous représenterez-vous en 2007 dans la troisième circonscription ?
H.M. : Oui, je serai candidat pour un troisième mandat. Toutefois, j’ai toujours pensé que la politique n’était pas une carrière, mais une prise de responsabilité. Je m’interrogerai donc sérieusement sur ma candidature si je vois que les valeurs que je défends font un score pitoyable au niveau national. Quelle pourrait être la légitimité de ma candidature si Bayrou faisait 3 % à la présidentielle? Mon combat n’aurait plus beaucoup de sens… Si la ligne politique qui me semble juste, et que j’ai défendue en tant que président d’un groupe parlementaire, était rejetée massivement, je pense que j’arrêterais…

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Vous ne vous voyez pas d’avenir politique en dehors de l’UDF ?
Si j’envisageais la politique comme une carrière, je n’aurais pas attendu pour aller à l’UMP et me mettre à l’abri de toutes déconvenues dans ma circonscription. Eh bien non. Car j’ai toujours pensé qu’un seul parti à droite et un seul parti à gauche conduisaient à une situation néfaste et aux graves dérives que l’on peut connaître aujourd’hui. Il faut des contre-pouvoirs, que les deux partis ne soient pas tout-puissants et omnipotents. Avant 2002, on nous expliquait qu’il suffisait de créer un parti unique à droite pour pouvoir conduire les réformes qui s’imposent en France. On n’a rien vu venir, à l’exception de celle des retraites, et encore, qu’ à moitié. Pour le reste, notre endettement est galopant, le pays vit au-dessus de ses moyens et n’a absolument pas réformé son système public. Et on n’est pas revenu sur les 35 heures, qui constituent selon moi une grave erreur… Ce qu’il aurait fallu faire, c’est essayer de comprendre les problèmes, faire un constat partagé des situations, des dysfonctionnements et des difficultés du pays. Autrement dit tout le contraire de la méthode « parti unique », où l’on pense que les décisions prises d’en haut sont immédiatement applicables en bas.

Même en restant à l’UDF, vous n’êtes pas spécialement menacé sur votre circonscription…
Non, mais c’est quand même plus difficile d’être à l’UDF qu’à l’UMP. Moi je préfère assumer mes responsabilités plutôt que faire comme ces députés UMP qui vont à la buvette ou aux WC au moment de voter, pour manifester leur mécontentement à l’égard de la politique du premier ministre… Ce n’est pas ma conception des choses.

Vous avez voté la motion de censure proposée par le PS. Sans états d’âme ?
Sans aucun ! Et même si ce n’est jamais facile de voter une motion de censure présentée par le PS… Mais doit-on voter en fonction de ce que pensent les autres ou en fonction de ses propres idées? Je l’ai donc fait en conscience car j’estime que ce qui se passe n’est pas acceptable. Ce gouvernement cumule les échecs : crise des banlieues, crise du CPE, Clearstream, amnistie de Guy Drut… Alors que pour moi, la politique, c’est l’exemplarité : le sommet doit montrer l’exemple. Et puis la droite, normalement considérée comme capable de remettre de l’ordre dans les finances publiques, a là aussi échoué, avec une dette publique colossale de 2000 milliards d’euros. On est d’ailleurs en train d’accumuler toute une série de dettes, que devront payer nos enfants et petits-enfants : retraites, finances, environnement…

Hervé Morin est donc aujourd’hui dans l’opposition…
Oui, je suis en opposition avec ce gouvernement. Mais ce n’est pas parce que vous êtes contre le gouvernement que vous êtes pour les socialistes. J’estime qu’en dehors du PS et de l’UMP, il peut y avoir une expression politique autre que le FN ou l’extrême gauche.

En tant que président du groupe UDF à l’Assemblée, vous êtes amené à intervenir sur pléthore de sujets nationaux. Mais quel bilan revendiquez-vous sur le plan local ?
Il y a un certain nombre de dossiers importants sur lesquels mon intervention a permis d’avancer, comme ceux des hôpitaux. C’est moi qui ai obtenu un scanner pour celui de Bernay, et qui ai fait en sorte que l’hôpital de Pont-Audemer obtienne un Smur et préserve son service de chirurgie de jour, même si je n’ai évidemment pas été seul à obtenir cette avancée. Il y a eu aussi les dossiers des gendarmeries, avec le renforcement des patrouilles de nuit sur Bernay et la construction de Pont-Audemer. Dans un autre domaine, j’ai relancé l’échangeur de Bourneville et surtout, je me suis énormément battu pour l’autoroute A28. Avec Victor Lebrun, nous avons multiplié les interventions, les démarches, les menaces, les blocages de la RN 138 ou de la liaison de train Paris-Charbourg… Aujourd’hui, je suis vraiment heureux de voir cette autoroute en service. Enfin, il est un dossier pour lequel je bataille beaucoup : celui du développement des biocarburants. J’espère bien qu’on installera assez rapidement une unité de production d’huile végétale pure dans la circonscription, du côté de Thiberville.

Des regrets ?
J’espère simplement qu’un jour, on arrivera à faire la réunification de la Normandie. Je compte bien obtenir un referendum sur le sujet en 2008. C’est loin d’être un combat terminé.

Destans a jeté l’éponge, les candidats potentiels - à gauche comme à droite d’ailleurs - ne se bousculent pas… Vous avez une petite idée sur vos adversaires de 2007 ?
Pas vraiment. Je sais par certains amis de Nicolas Sarkozy qu’à l’UMP, ils ont «prédéterminé» une adjointe au maire de Bernay. Pour le PS, j’ai appris par les journaux que ce serait une femme… On verra bien.


Propos recueillis par Bertrand Kopf




Analyse : La 3e en manque de candidats



Après deux raclées face à Hervé Morin, Jean Louis Destans a jugé plus sage d’orienter son destin parlementaire vers des horizons tranquilles, à savoir le Sénat. La question est donc : qui va prendre la place du baron socialiste dans la course à la députation? Pour l’instant, le suspens est total… et la « troisième » fait bel et bien figure de cas particulier dans le département, puisqu’aucun candidat n’a pour le moment été désigné - voire pressenti - pour croiser le fer avec Hervé Morin. Certes, au PS, la direction parisienne a décrété qu’une femme devait s’y coller. Le hic, c’est que les femmes, justement, sont quasiment absentes du secteur… Alors va-t-on assister à un parachutage féminin décoratif? Ou bien les éléphants de la rue de Solférino vont-ils faire marche arrière et finalement offrir la candidature à un homme du cru? Si quelques notables locaux, à gauche, pensent pouvoir faire bonne figure, à droite, les mandarins de l’UMP ne veulent pas s’y risquer et espèrent bien « partager le gâteau » de manière négociée. Traduction : Si Morin ne met personne dans nos fiefs, on lui fiche la paix chez lui. « Notre candidate est désignée » avertit ainsi Jean-Pierre Nicolas, « on lui confirmera ou non son investiture dès lors qu’on connaîtra les positions d’Hervé Morin… la balle est maintenant dans son camp… »
Sinon, côté figuration, on aura également droit à l’offre habituelle des micro-candidats du premier tour, qui à dix, devraient se partager royalement 3 ou 4 % des voix. Et puis il y a le Front National. Il pourrait bien profiter de la faiblesse potentielle des deux partis de gouvernement sur la circonscription, et même espérer une triangulaire au second tour, qui sait… Mais bon, difficile d’y voir clair avant le résultat des Présidentielles. Le mystère va donc demeurer intact encore quelque temps… tout comme le nom des candidats qui se risqueront à affronter Hervé Morin à domicile. Pour l’instant, ils ne se bousculent guère au portillon…
BK

Site officiel de Hervé Morin, Ministre de la Défense et Maire d'Epaignes

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