Samedi 17 mai, Hervé Morin a été élu président du Nouveau Centre avec 87% des voix.
Dans la Presse

11.05.2007 : Interview d'Hervé Morin dans le Paris Normandie

 15 Ko Vous avez rencontré Nicolas Sarkozy hier, en milieu de matinée. Quel a été le contenu de vos discussions ?
Hervé Morin : « La teneur de nos discussions, c'est l'organisation d'une majorité présidentielle dans laquelle, aux côtés de l'UMP, il y aura une autre formation politique qui représentera le centre droit et à laquelle je souhaite appartenir».

Quelle est votre vision du destin de l'UDF ?
H.M. : « Elle n'existe plus en tant que telle dans la mesure où l'UDF penche à gauche et va finir à gauche parce qu'au soir du premier tour des élections législatives, sans qu'il ne l'ait dit avant aux électeurs, François Bayrou passera un accord avec le PS ».

Comment pouvez-vous en être sûr ? Bayrou a parlé d'une force politique indépendante ?
H.M. : « Pendant la présidentielle, François Bayrou a indiqué que l'adversaire à abattre c'était Nicolas Sarkozy. L'accord avec l'UMP est devenu impossible. L'arithmétique électorale fait que le Mouvement démocrate, pour se faire entendre à l’Assemblée nationale durant les cinq prochaines années, ne peut passer d'accord qu'avec le parti socialiste et je ne peux participer à une opération qui consiste, sans que ce soit clairement expliqué aux Français, à finir au second tour dans un accord avec le PS».

C'est son positionnement d'entre les deux tours qui vous a décidé vous et vos 21 collègues députés UDF à rompre avec François Bayrou ?
H.M. : « Nous avions demandé à François Bayrou au soir du premier tour de la présidentielle, qu'il nous dise, où il comptait nous emmener. Il ne nous a jamais apporté la moindre précision pendant l'entre deux-tours de la présidentielle. Nous avons découvert les choses, au fur et à mesure dans la presse ».

Comment l'expliquez-vous, vous qui êtes un de ses amis de longue date ?
H.M. : « C'est très difficile de passer d'un logiciel de premier tour à un logiciel de 2e tour, de rentrer dans une logique de second tour quand vous avez été si concentré sur ce premier tour avec en plus un très beau score. J'avais dit et beaucoup de parlementaires étaient sur la même ligne que nous souhaitions poser les conditions d'un accord de gouvernement en mettant les points essentiels de notre programme qui auraient permis de nous rendre utiles et constructifs pendant les cinq ans à venir et de faire en sorte que les 7 millions de personnes qui avaient voté pour nous soient entendues pendant cinq ans. François Bayrou ne nous a pas écoutés et ne nous a pas dit ce qu'il comptait faire. Jusqu'à sa dernière déclaration qui consistait en fait à dire qu'il soutenait Ségolène Royal en indiquant qu’il ne voterait pas Nicolas Sarkozy.

Depuis plus de dix ans, vous étiez très lié avec François Bayrou. Au-delà de la politique, c'est la fin déchirante d'une amitié ?
H.M. : « Ca s'est fait dans les « larmes ». Je l'ai très mal vécu pendant dix jours et après, j'ai eu deux solutions : soit d'arrêter la politique soit de voir mon chemin et celui de François Bayrou se séparer. François a quitté le chemin de l’équilibre et du rassemblement de la gauche moderne et la droite modérée pour tourner à gauche. Cela n’est pas pour moi acceptable car je n’ai rien à faire avec la gauche antilibérale ou la partie du PS qui pense que tout se joue à gauche.

Propos recueillis par Christophe Préteux

Site officiel de Hervé Morin, Ministre de la Défense et Maire d'Epaignes

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