Hervé Morin s’est dit soulagé après le retrait du CPE. Il souhaite qu’étudiants et lycéens reprennent le chemin des classes. Le président du groupe UDF de l’Assemblée nationale considère que le CPE a révélé une crise de régime où l’exécutif s’est déchargé sur les présidents des groupes UMP de l’Assemblée et du Sénat. Le député de l’Eure a critiqué la confusion et la concentration des pouvoirs, et une irresponsabilité pénale, juridique et politique du chef de l’Etat.
« Je suis soulagé que cela se termine » a déclaré Hervé Morin après l’annonce du retrait du CPE. Le président du groupe UDF de l’Assemblée nationale estime que ce dénouement était nécessaire pour rétablir l’ordre et la sécurité dans le pays et pour que les jeunes ne perdent pas leur année. Il considère qu’il n’y a désormais aucune raison pour que le mouvement se maintienne, les étudiants et les lycéens doivent retourner leurs cours et penser à leurs examens, il n’y aucune raison d’abroger la loi pour l’égalité des chances. Hervé Morin ne voit pas le retrait du CPE comme une victoire car il a fallu trois mois de confrontations pour que le contrat première embauche soit suspendu. Il attend de connaître en détail, la proposition de loi qui sera déposée par l’UMP en remplacement du CPE avant de se prononcer. Il s’agirait d’une aide aux entreprises qui embauchent en CDI des jeunes en difficulté. Pour le président du groupe UDF de l’Assemblée nationale, cette mesure semble aller dans le bon sens même s’il déplore que ce serait le 5e contrat destiné aux jeunes. Hervé Morin avait déclaré dès l’annonce de sa création que le CPE était inacceptable car il stigmatise les jeunes. C’était, selon lui, une manière de dire aux jeunes que leurs diplômes qui restent la voie de la réussite et de la promotion sociale, ne valent rien. Quant à son grand frère, le CNE réservé aux entreprises de moins de vingt salariés, Hervé Morin souhaite que le gouvernement mène l’expérimentation jusqu’à son terme : il propose que dans six mois des experts indépendants soient nommés afin d’évaluer si ce dispositif crée des emplois supplémentaires. Le député UDF regrette que la France modifie en permanence la loi et crée ainsi une instabilité et une insécurité juridiques. Il a fait remarqué que la loi de cohésion sociale a créé pas moins de treize contrats de travail nouveaux, les chefs d’entreprise ne s’y retrouvent plus.
Cette crise lui laisse une impression d’un « immense gâchis ». Le député UDF de l’Eure s’est dit « malheureux » pour son pays : il remarque qu’après le non au référendum, les violences urbaines et les manifestations anti-CPE, les pays étrangers et en particulier nos partenaires européens se demandent ce qui se passe en France. Il constate que les Français n’ont plus confiance aujourd’hui dans les hommes politiques. Hervé Morin a critiqué l’attitude de l’exécutif pendant cette crise : un président de la République qui promulgue une loi qu’il ne faut pas appliquer et un gouvernement qui transfère ses pouvoirs aux présidents des groupes UMP de l’Assemblée et du Sénat. Le député y voit une crise de régime marquée par la confusion et la concentration des pouvoirs et l’irresponsabilité pénale, juridique et politique du président de la République. Hervé Morin considère en effet que Jacques Chirac aurait dû démissionner après l’échec au référendum du 29 mai. Il n’est cependant pas favorable à des élections anticipées même s’il considère que le pays va perdre un an en attendant les présidentielles car il estime que le pays a besoin d’avoir un grand débat national avant les présidentielles. L’UDF prône le passage à une VIe République où l’Etat serait exemplaire et impartial, où le chef de l’Etat ne pourrait plus nommer les responsables publics sans l’approbation du Parlement comme cela se passe aux Etats-Unis. Hervé Morin critique également un paysage politique français où l’on raisonne encore en termes d’opposition gauche-droite. Or à l’instar de Tony Blair, le député considère qu’il n’y a pas de politique de gauche et de politique de droite mais il n’y a que de bonnes politiques et de mauvaises politiques. Il a rappelé que François Bayrou avait conseillé à Jacques Chirac au lendemain de sa large victoire en 2002, d’ouvrir largement le gouvernement à des personnalités de gauche et de droite prêtes à faire des réformes. Hervé Morin considère comme le président de l’UDF que les sociaux-démocrates et la droite modérée pensent en réalité à peu près la même chose : ils sont, selon lui, favorables à une économie de marché au service du progrès et de la justice. L’opposition entre les deux n’est selon lui qu’une posture.