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06.02.2007 : "Le centre est aujourd'hui autonome et indépendant !" (France 5)

Hervé Morin, invité de C dans l'air sur France 5

Pour regarder l'émission sur le thème de la bi-personnalisation, cliquez ici.

Compte-rendu de l'émssion


Invité d'Yves Calvi sur France 5, Hervé Morin s'est exprimé sur la bipolarisation excessive exercée par la classe médiatique. Le peu de place laissée à l'expression de la candidature de François Bayrou. Le manque cruel de contre-pouvoirs efficaces. Sur le besoin des Français de se rassembler au sein d'un gouvernement d'union, conduit par un président fédérateur. En prenant exemple sur les démocraties voisines qui ont réussi l'aventure de la cohésion nationale.

Hervé Morin était l'invité ce soir de l'émission C Dans L'Air sur France 5. Yves Calvi avait titré sur la bipolarisation de la vie politique française. Jean-François Kahn, directeur de l'hebdomadaire Marianne, a dénoncé cette concentration médiatique sur les candidats UMP et PS. Dont Hervé Morin dit que c'est leur rêve absolu : une alternance sans fin entre droite et gauche. "Un peu comme dans la chanson de Jacques Brel, Les Vieux, l'horloge qui va et vient, qui dit oui, qui dit non." Même avec les institutions qui régissent notre vie politique, les Français montrent désormais qu'ils ne veulent plus du bipartisme. La preuve, avance Hervé Morin, c'est que l'addition des scores avoisine à peine les quarante pour cent. Une majorité s'en écarte.

Cette situation trouve son explication dans l'Histoire de la Vème République. Le député de l'Eure avance que 1958 intervint à un moment où deux courants politiques majeurs s'affrontaient : les communistes et les conservateurs. Pour chaque avancée, il fallait une majorité de combat. La décolonisation, par exemple, exigeait une adhésion populaire forte. Aujourd'hui, le Mur de Berlin est tombé. Le parti socialiste est devenu social-démocrate. Ses orientations ne sont plus très éloignées de celles de la droite modérée.

Selon Hervé Morin, nous ne sommes plus sur des majorités verticales, où les décisions viennent d'en haut, doivent être acceptées comme telles. Les Français cherchent désormais d'être convaincus avant de prendre leur décision de vote. Leur adhésion à un projet requiert de la pédagogie et du respect. On peut observer que les ruptures apparaissent au sein même des structures politiques. Le Traité constitutionnel européen a divisé le parti socialiste, il a scindé l'UMP. Les questions de société, l'homo-parentalité par exemple, trouvent là aussi leurs contempteurs dans chaque camp.

Hervé Morin a posé cette question à l'auditoire : "A votre avis, la revalorisation du travail, la réduction du déficit budgétaire sont-elles des questions de gauche ou des questions de droite ?" Il en a conclu lui-même que les solutions ne se trouvaient plus dans des affrontements stériles entre droite et gauche.

Concernant la bipolarisation excessive elle-même, Hervé Morin considère que les directeurs de grands médias sont aujourd'hui des hommes d'affaires. Ils ont souvent partie liée avec l'Etat dans de grands contrats de marchés publics. Il estime la question encore plus gênante quand le service public de radiodiffusion se prête à ce jeu. Ce serait de lui que l'on pourrait attendre un respect plus strict de la loi. Une loi qui énonce l'équité comme guide pour les directeurs de médias dans leur choix d'inviter telle ou telle personnalité politique. Or, s'étonne Hervé Morin, c'est France Télévisions qui transgresse le plus cette règle. Il prend exemple de cette émission de trois heures présentée par Arlette Chabot en novembre 2006, à la veille de la période de cette dite équité. Celle qui précède l'égalité totale de temps de parole entre chaque candidat. Le plateau en son entier, Roland Cayrol, directeur de l'institut de sondages CSA, Jean-François Kahn et Hervé Morin, avait de fortes raisons de soupçonner une opération concertée entre l'équipe du candidat UMP et France Télévisions.

Hervé Morin admet que le président sortant du Conseil supérieur de l'audiovisuel, ancien membre de sa propre formation politique, a veillé avec sérieux au respect de chacun. Mais il dénonce la nomination prochaine d'"amis du pouvoir dans l'ensemble des autorités de régulation." Pour lesquelles il demande qu'une commission parlementaire évalue le meilleur candidat. Il doit être désigné à la "majorité qualifiée (les deux-tiers ou les trois-cinquièmes des parlementaires.)" La nomination de Jean-Louis Debré à la tête du Conseil constitutionnel ne constitue pas un exemple de démocratie en la matière, juge le porte-parole de campagne de François Bayrou. Il dénonce la concentration extraordinaire des médias dans les mains de quelques-uns, Tf1 en étant l'illustration la plus patente.

Dans une perspective plus large, Hervé Morin observe que "c'est la première fois que l'on a un centre autonome et indépendant en France." François Bayrou veut s'affirmer comme une alternative crédible au perpétuel jeu de balancier entre droite et gauche. C'est en 2002, au lendemain du coup de tonnerre d'avril, que François Bayrou comprend que le système institutionnel français ne fonctionne plus. Il rencontre le président de la République à qui il n'aura de cesse de dire qu'il faut constituer un gouvernement d'ouverture qui correspondra à l'ensemble des Français. Une option que refusera le préésident nouvellement élu. De guerre lasse lasse, il confie à Hervé Morin que le pays coure à sa perte.

Cette idée de coalition, de gouvernement d'union nationale "ne constitue pas un doux rêve", selon Hervé Morin. C'est la seule issue pour tirer le pays de la mauvaise passe qu'il traverse. Il demande à chacun de regarder dans les autres pays d'Europe qui ont adopté cette méthode. En Allemagne, en Autriche, en Italie, en Hollande également. Le président du groupe parlementaire récuse cette idée que seuls les Français se lanceraient dans cette aventure. Il explique que nous avons désormais besoin d'une base électorale bien plus forte que les seuls 20% du premier tour. Si l'on veut faire évoluer le pays vers plus de démocratie, vers une "République impartiale, plus honnête et respectueuse du citoyen", nous aurons besoin d'un "gouvernement restreint, de mesures fortes". Qui seront approuvées par une majorité solide de Français. Telle est la seule voie possible. Celle que propose François Bayrou.

France 5

Site officiel de Hervé Morin, Ministre de la Défense et Maire d'Epaignes

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