Hervé Morin pense qu’une réforme du financement de la Sécurité sociale doit aboutir à une baisse massive des charges sociales qui pèsent sur les salaires pour être efficace. Il a rappelé que l’UDF a depuis longtemps lancé plusieurs pistes pour financer la solidarité dont une taxe sur la consommation et sur les échanges interbancaires ou encore une contribution sur la valeur ajoutée. Le président du groupe UDF à l’Assemblée estime que la réforme lancée par le Président de la République arrive trop tard compte tenu des échéances électorales.
« Les Français ont globalement le sentiment que la politique c’est d’abord le verbe et l’impuissance plutôt que l’efficacité et la réalisation » a regretté Hervé Morin. Invité à commenter les actes de vandalisme commis dans le train Nice-Lyon, le président du groupe UDF à l’Assemblée a répété qu’il ne faut pas apporter de solutions dans l’urgence mais pendre le temps de faire la clarté sur ce qui s’est passé et ensuite en tirer les conséquences. Hervé Morin constate que dès qu’un problème est médiatisé, tous les gouvernements sont tentés de répondre dans la journée aux problèmes qui se posent, ce qui entraîne une instabilité juridique. Le député de l’Eure ne croit pas que 2006 sera une année utile et que la réforme de la Sécurité sociale annoncée par le Président de la République verra le jour avant les élections présidentielles. Hervé Morin a, en effet, expliqué qu’il faut entre douze et dix-huit mois avant qu’une loi entre en application, autrement dit, toutes les lois votées à partir du printemps 2006, seront selon lui, « nulles et non avenues ». Le président du groupe UDF à l’Assemblée a ainsi critiqué la tradition des vœux car le chef de l’Etat se sent obligé de faire des annonces pour l’année qui ne seront pas suivies d’effets. Hervé Morin a regretté que le Président de la République qui a tous les pouvoirs depuis 2002, ne se soit pas attaqué à la réforme du financement de la Sécurité sociale plus tôt. Il a rappelé que l’UDF avait souhaité que le chef de l’Etat profite de l’état de grâce de sa réélection pour engager les grandes réformes dont la France a besoin. Hervé Morin a rappelé que François Bayrou a depuis longtemps proposé de ne plus faire reposer exclusivement le coût de la solidarité sur les salaires afin de faire baisser le coût du travail et de libérer la création d’emplois. Il a cité le rapport Camdessus qui a démontré que si la France avait le même niveau d’emploi que l’Allemagne dans le commerce, l’hôtellerie et la restauration, la France aurait créé 1 million d’emplois supplémentaires. Hervé Morin pense qu’il faut multiplier les pistes de financement de la Sécurité sociale : TVA sociale, contribution sur la valeur ajoutée des entreprises, taxe Tobin sociale sur les échanges interbancaires, éventuellement hausse de la CSG… « C’est sur l’ensemble de ces facteurs qu’il faut jouer » a précisé le député UDF, « car il faut que la baisse des cotisations sociales soient massive et non pas limitée à quelques points ». Là encore, Hervé Morin a expliqué qu’il faut prendre le temps de la réflexion sur ce sujet et mettre tous les acteurs économiques autour de la table. Enfin, le député de l’Eure pense que le Congrès extraordinaire de l’UDF qui aura lieu les 28 et 29 janvier, va permettre de dégager une ligne claire : les 32000 adhérents voteront et chacun devra se conformer à leur volonté, ce sont les règles de la démocratie.